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Mercredi, le 2 mars 2011

Les récents débats publics au sujet de certains projets de développement de nouvelles filières énergétiques démontrent que les Québécois ont une relation particulière avec l’énergie puisqu’un des grands moments de l’histoire du Québec contemporain aura été sans conteste la prise en charge collective du développement hydroélectrique au tournant des années 60.

Depuis ces grands travaux et ces grandes réussites du 20e siècle, voici maintenant que les Québécois abordent le 21e siècle en souhaitant le développement de nouvelles filières d’énergies, renouvelables et à plus petite échelle. Cette volonté répond à deux objectifs, d’une part contribuer à la réduction des gaz à effet de serre et, d’autre part, stimuler le développement et la diversification économique des régions. De nouveaux acteurs privés et communautaires sont maintenant partenaires d’Hydro-Québec pour cette nouvelle phase de développement énergétique et la société d’État conserve le rôle de grand maître d’œuvre du développement des nouvelles filières. L’entrée en scène de partenaires privés et communautaires se fait d’ailleurs à la suite d’appels de projets en ce sens de la part d’Hydro-Québec.

Les partenaires d’Hydro-Québec ont la responsabilité de rechercher l’appui des communautés d’implantation de projets de production d’énergie renouvelable (éoliennes, biomasse, biogaz ou petites centrales). Cette responsabilité est grande et si un projet n’est pas acceptable aux yeux de la population locale, il ne verra pas le jour. Tous les intervenants doivent convenir de cette condition sine qua non. Obtenir l’acceptabilité sociale des projets par les communautés d’accueil relève en grande partie du travail fait par les différents intervenants pour informer la communauté des retombées et des impacts du projet. Passer outre cette étape est un gage d’échec pour les promoteurs. Vouloir faire autrement risque de compromettre le développement de l’ensemble d’une filière prometteuse et priver ainsi le Québec et les régions d’une expertise et de retombées économiques et environnementales importantes.

C’est le consensus et non l’unanimité qui est recherché dans la planification des projets de développement, en énergie renouvelable comme dans tout autre secteur d’activités. Le syndrome pas dans ma cour ne peut bloquer l’avancement du Québec. Entre les deux, un équilibre est toujours à refaire entre le bénéfice collectif et les inconvénients individuels. Là est le travail des promoteurs de projets et des communautés. Plusieurs entreprises partenaires d’Hydro-Québec ont, dans différentes régions du Québec, réussi le pari de l’acceptabilité sociale avec grand succès et ont mis en en œuvre des projets de production d’énergie renouvelable avec le concours et l’appui des différentes communautés. Les succès en ce sens sont nombreux et doivent servir d’exemple à tous les développeurs.

Le Québec diversifie ses approvisionnements énergétiques et son économie dans le plus grand intérêt de ses citoyens. Comme dans tout autre secteur économique, certains projets ne pourront ultimement aller de l’avant.  Mais en définitive, l’acceptation sociale des milieux d’accueil en est un élément fondamental à cette avancée collective.

Jean-François Samray
Président-directeur général
Association québécoise de la production d'énergie renouvellable
 

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