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Photo : Mont Copper, Mathieu Laflamme, WSP Canada Inc. (anciennement Génivar) 

16 août 2014 - En l’espace de 10 ans, le Québec a réussi à donner naissance et à voir s’épanouir une nouvelle grappe industrielle sur son territoire: la filière éolienne. Au cours de cette période, des entreprises sont nées, se sont développées et prennent maintenant leur place sur l’ensemble du continent nord-américain.

Plus de 130 entreprises sont à l’œuvre et quelque 5000 personnes travaillent jour après jour au développement et au rayonnement de cette industrie.

Pour les régions d’accueil, les projets sont synonymes de vitalité économique, d’amélioration des services à la population grâce aux retombées financières et aux dépenses faites lors de la construction et de l’exploitation des parcs éoliens. Rappelons que pour 100 M$ investis en achat éolien, ce sont près de 300 M$ en retombées diverses qui sont générés. Ce n’est pas rien. Il s’agit de fonds importants à prendre en considération, surtout pour relancer notre économie.

Nous devrions nous réjouir également du fait que les caisses de retraite et les institutions financières québécoises participent de plus en plus au financement de ces infrastructures. Pour ces dernières, il s’agit de placements stables permettant de faire fructifier les épargnes des travailleurs et travailleuses d’ici. Les parcs éoliens contribueront donc également à la qualité de vie de l’ensemble des Québécois.

Une énergie verte recherchée
Les éoliennes produisent une énergie verte recherchée par nos voisins. Certains d’entre eux sont même prêts à payer les 8 ¢/kWh obtenus par Hydro-Québec, avec en plus une prime de 6,6 ¢/kWh pour avoir chez eux de l’énergie verte. Cela fait 14,6 ¢/kWh, c’est une bonne affaire!

L’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER) déplore qu’Hydro-Québec, plutôt que d’agir en toute transparence, persiste à entacher la filière éolienne dans la sphère publique en s’appuyant sur des arguments et des chiffres qui brouillent la compréhension des Québécois. La société d’État crée ainsi une diversion qui fait porter l’odieux de ses demandes d’augmentation de tarifs à une industrie naissante, visionnaire, porteuse et créatrice d’emplois.

Rappelons-le, H-Q divise en trois les composantes de sa demande:
* Coût des nouveaux approvisionnements: +2,1%
* Hausse du prix de l’électricité patrimoniale: +0,4%
* Croissance de la demande (investissements dans le réseau): +1,4%

* Hausse totale: 3,9%

Or, on s’aperçoit que, sur les 3,9% demandés, la part de l’éolien ne représente qu’un peu plus de 1% des coûts associés à cette demande de hausse tarifaire. En effet, le coût des approvisionnements éoliens représente la moitié du coût des nouveaux approvisionnements. L’autre moitié provient d’achats de différentes sources, dont des achats d’électricité post-patrimoniale d’Hydro-Québec Distribution à Hydro-Québec Production, ces achats étant payés 6 ¢/kWh (fait à noter, ils sont produits par les mêmes centrales qui fournissent le bloc patrimonial) ils sont donc vendus au double du prix du patrimonial.

Tendancieux
Au-delà des achats post-patrimoniaux, il reste une part totalisant 1,8% qui est directement imputable à la gestion d’H-Q incluant la hausse du prix du bloc patrimonial qu’Hydro-Québec Distribution paie à Hydro-Québec Production.

Comment peut-on encore sérieu­sement prétendre que l’industrie éolienne est responsable de la majeure partie de la hausse de tarifs demandée?

L’industrie éolienne se développe, contribue à la production d’une énergie verte, nous amène à revoir certaines habitudes. C’est pourtant le propre des industries qui réinventent des modèles d’affaires et un grand pan de l’industrie de l’énergie. En passant, on a dit la même chose à l’époque des Graham Bell, des Thomas Edison et de plusieurs autres. Pourtant, l’humanité leur doit tellement aujourd’hui!

Faire porter à l’éolien tous les maux liés à l’augmentation de tarif demandée par Hydro-Québec est tendancieux et l’est encore plus quand on oublie de mentionner ses nombreuses retombées positi­ves.

Jean-François Samray,
Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER)

Cette lettre a aussi été publiée dans le Journal de Québec.

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