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12 octobre 2012

Le gouvernement du Québec annonçait il y a quelques jours le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2. Cette annonce fait mal puisqu’elle s’ajoute à une série de fermetures, au fil des ans, d’entreprises d’envergure implantées en Mauricie et dans le Centre-du-Québec.

Ici, la production d’électricité revêt une dimension identitaire. La valorisation hydroélectrique de la Chute Shawinigan il y a plus d’un siècle, la construction de centrales sur la Rivière St-Maurice, de même que la construction de la centrale nucléaire Gentilly-2, ont fait de l’électricité un facteur d’attraction et de développement industriel important. Perdre un site de production à la veille d’une réfection majeure crée un manque à gagner important en termes économiques. Après la consternation, l’incompréhension et la mobilisation contre cette fermeture, des intervenants locaux et régionaux sont actuellement à pied d’œuvre afin de trouver des alternatives pour assurer aux économies régionales un nouvel essor.

Grâce aux travaux menés par les centres de recherche de la région, Université du Québec à Trois-Rivières en tête, les énergies renouvelables et les nombreuses technologies d’efficacité énergétique en développement peuvent positionner avantageusement la Mauricie et le Centre-du-Québec dans l’économie du XXIe siècle. Puisqu’elles possèdent un énorme potentiel en biomasse forestière et en biogaz, pourquoi ces régions ne feraient-elles pas des énergies renouvelables et des biocarburants leur nouveau vecteur de développement économique et social?

Le potentiel de production de biogaz en Mauricie-Centre-du-Québec est estimé à près de 200 millions de mètres cubes de biométhane. Avec cette énergie renouvelable, on peut chauffer 70 000 maisons, produire plus de 650 GWh d’électricité ou substituer la consommation de 7 millions de litres de diesel. Cette dernière utilisation permettrait en plus de réduire la dépendance au pétrole importé et contribuerait à l’atteinte des cibles de réduction de GES fixées par le gouvernement du Québec. De fait, chaque kilomètre parcouru par un moteur alimenté au biométhane produit 93 % moins de GES qu’un moteur alimenté au diesel. La région et le Québec en entier y gagneraient.

La valorisation de la biomasse forestière résiduelle est également un secteur d’avenir prometteur ouvert à ces régions. En extrayant l’huile pyrolytique de la biomasse pour la convertir en biodiesel, elles pourraient jouer un rôle prépondérant dans la substitution progressive du pétrole importé ainsi que dans la décarbonisation et la prospérité du Québec.

Ces technologies alliées à la fibre entrepreneuriale régionale, au support des acteurs socio-économiques et à des vitrines technologiques obtenues grâce à des achats gouvernementaux figurent parmi les composantes requises pour réussir la transition de la Mauricie-Centre-du-Québec vers une économie viable fondée sur le développement durable de ses ressources énergétiques.   

Qui prendra le leadership de cette reconversion économique et énergétique de la région? Les intervenants locaux et régionaux doivent se fixer des objectifs clairs, à court et moyen terme, et intervenir rapidement auprès du gouvernement du Québec pour relever le défi et réussir la transition.

Jean-François Samray
Président-directeur général
Association québécoise de la production d’énergie renouvelable

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