Articles

Les ingénieurs misent sur l'électricité

(Trois-Rivières) Le Réseau des ingénieurs du Québec était de passage à Trois-Rivières, hier, afin de présenter son rapport final sur le développement énergétique au Québec.

Parmi les principaux constats de cette étude, présentée par le président du RIQ, Étienne Couture, il ressort que l'importation du pétrole coûte collectivement aux Québécois 14 milliards $ par année. Le document signale aussi que le Québec a encore beaucoup de chemin à parcourir en matière d'efficacité énergétique puisqu'il atteindra, en 2010, moins de 10 % des cibles prévues pour 2015.

 

Afin de répondre à la demande sans cesse croissante d'énergie tout en maintenant, dit-il, une orientation de développement durable, le Réseau des ingénieurs du Québec prône l'électrification des industries et des moyens de transport, tant privés que collectifs. Le RIQ offre donc son appui «aux développements hydroélectriques parce que pour nous, et c'est un message clair qu'on envoie, c'est que l'hydroélectricité, c'est une énergie verte et renouvelable. Pour nous, ça demeurera toujours une meilleure solution qu'une centrale thermique ou qu'une centrale au charbon», plaide Étienne Couture.

Le RIQ appuie donc la modernisation et le développement de nouveaux actifs de production hydroélectrique au Québec et estime qu'il faut aussi «réussir à intégrer les formes d'énergies émergentes à nos réseaux de production et de distribution. L'éolien, le solaire passif et photovoltaïque, la géothermie et les biocarburants ont tous un plus grand rôle à jouer», estime le président du RIQ.

Toutefois, même si Trois-Rivières - donc le Québec - représente un des deux pôles canadiens de développement de l'hydrogène énergétique au Canada, le rapport final sur le développement énergétique du Québec du RIQ ne tient pas compte de cette filière, si ce n'est une page où l'on parle brièvement des véhicules hybrides et des piles à combustible à l'hydrogène. Même dans la section où l'étude mentionne l'énergie éolienne, les ingénieurs ne voient pas l'occasion pour le Québec de produire, de manière non polluante, à l'aide des mines de vent du Nord-du-Québec, de quoi générer de l'hydrogène énergétique entreposable, voire même exportable.

«Pour l'hydrogène, notre recommandation est de pousser la recherche et le développement», s'est contenté de dire Étienne Couture. «C'est quand même une énergie qui va donner des retombées vertes. C'est une énergie très intéressante à étudier et à pousser pour voir à quel point ça peut devenir quelque chose de bien intégré dans notre grille énergétique», a-t-il résumé.

Bien qu'il se dise en faveur du développement durable, le Réseau des ingénieurs du Québec appuie la réfection de Gentilly-2 malgré le caractère polluant du combustible irradié et la pollution associée à l'extraction de l'uranium.

«On est très conscient que l'énergie nucléaire, ce n'est pas la panacée», explique Étienne Couture. «Ce n'est pas un appui sans réserve. Notre appui est pour la réfection de Gentilly-2. Il y a quelques raisons qui soutiennent ça, notamment l'expertise du génie québécois dans le domaine nucléaire, pour conserver et développer une certaine expertise nucléaire ici au Québec, notamment pour les ingénieurs», plaide-t-il.

Le jeudi 28 mai 2009

http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/200905/28/01-860621-les-ingenieurs-misent-sur-lelectricite.php