1) Qu’est-ce qu’une petite centrale hydraulique ?
Il s’agit de petites centrales pouvant produire entre 1 et 50 mégawatts, construites et gérées par l’entreprise privée.
2) Qu’est-ce qu’une petite centrale au fil de l’eau ?
C’est une centrale hydraulique qui, contrairement aux grandes centrales qui retiennent l’eau dans d’immenses réservoirs créés par des barrages, turbine l’eau à mesure qu’elle s’écoule.
3) Expliquez-nous les notions de débits (écologiques, esthétiques)
Par débit, on entend le volume d’eau qui s’écoule à un point donné d’un cours d’eau.
Le débit est habituellement calculé en mètres cubes à la seconde. Afin de s’assurer que l’exploitation d’une centrale ne nuira pas à la faune et à la flore vivant en aval de la centrale en utilisant toute l’eau pour ses turbines et en desséchant ainsi le lit de la rivière en aval, on a établi à 4 mètres cubes à la seconde, le débit minimal d’eau qui doit s’écouler en tout temps.
C’est ce débit minimal qu’on appelle le débit écologique.
À ce débit écologique, on ajoute ensuite le débit « esthétique », i.e., le volume d’eau nécessaire pour que l’écoulement de l’eau soit visuellement le même qu’avant l’exploitation de la centrale. À noter que ce débit peut varier selon les saisons.
Dans le cas des chutes de la Chaudière, on a établi ce débit esthétique à 25 mètres cubes seconde. Ce qui signifie que cette petite centrale ne fonctionnera que lorsque le débit sera de plus de 25m3/s durant la journée. Durant la nuit, le débit esthétique est réduit. À ce moment, il est remplacé par un débit écologique qui assure le maintien de l’habitat du poisson.
4) Qu’est-ce que l’AQPER ?
L’AQPER est une association créée en 1991 et qui regroupe des producteurs et des fournisseurs indépendants des diverses industries d’énergie renouvelable, soit l’hydraulique, l’éolien, le solaire et le photovoltaïque, la biomasse et l’efficacité énergétique (les « mégawatts »).
(cf. le rapport de la Régie de l’énergie). Parmi les membres, 20 producteurs de petites centrales représentant 80 à 90 % des membres ; 100 % des entrepreneurs de la biomasse ; 90 % du biogaz ; et 100 % de l’éolien.
Les plus importants acteurs des petites centrales hydrauliques sont :
Innergex
Algonquin
Boralex
AXOR
5) Pourquoi une MRC devrait-elle accepter la construction d’une petite centrale ?
Rappelons, en premier lieu, que chaque projet requiert l’approbation du milieu hôte que si le milieu ne désire pas de projet, il n’y en aura pas. Le Nouveau régime d’octroi fait, de l’acceptation sociale, un de ses quatre principes de base.
L’un des avantages de la venue d’une petite centrale est la mise en valeur du site. Le milieu hôte a la possibilité de participer, avec le promoteur, au développement et à la valorisation du site désigné. Cette participation peut prendre plusieurs formes : parc, centre d’interprétation, fosses à poissons, réseau de canotage, etc. Un partenaire dans le projet peut posséder jusqu’à 49 % de la centrale. La centrale au fil de l’eau est une source de revenus pour la région, lors de la construction et lors de l’exploitation. Le programme de petites centrales créera des emplois directs et indirects durant la phase de construction des projets. Le promoteur se procure normalement une bonne partie des matériaux et de la main-d’œuvre sur le marché local. On estime à 0,5 l’effet multiplicateur d’un tel projet en phase de construction. Cela signifie qu’un emploi direct est créé pour chaque deux emplois directement liés au projet.
Au niveau fiscal, la construction et l’exploitation d’une centrale permettront l’apport de dividendes reliés aux taxes, aux impôts ainsi qu’aux redevances. Les petites centrales apporteront des retombées permanentes à leur milieu hôte sous la forme de redevances et de participation aux profits du projet lorsqu’un organisme s’associe au promoteur. À titre d’exemple, le parc régional des Chutes-de-la-Chaudière reçoit une redevance de 100 000 $ par année de l’exploitant de la centrale. Cette redevance sert à payer l’entretien du parc.
Un dernier aspect intéressant de la venue d’une petite centrale se traduit en terme de sécurité du réseau. En cas d’urgence, la petite centrale devient source d’énergie pour la région. C’est ce qui s’est produit en 1998, à Kingsley-Falls, lors de la crise du verglas. La société Boralex a alimenté directement le réseau de distribution de la ville et de ses environs.
6) Les projets qui seront présentés dans le cadre du régime d’octroi correspondent-ils tous à la définition de la centrale au fil de l’eau ?
Oui
7) Y a-t-il des centrales hydroélectriques prévues ou en construction ?
Hormis la nouvelle de la centrale de Toulnustouc (517 MW) et de celle de Péribonka (450 MW) qui vient d’être annoncée, il n’y a aucun projet d’aménagement hydroélectrique d’importance dont l’état d’avancement laisse croire qu’il pourrait être mis en service vers le milieu de la décennie.
Rappelons-nous, qu’il y a risque de déficit énergétique entre 2004 et 2007.
Il faudrait également prévoir au moins huit ans pour réaliser les études, obtenir les autorisations, aménager et mettre en service le projet Eastmain-Rupert (1 280 MW) à compter de la signature d’une entente avec le milieu hôte, ce qui n’est pas encore acquis.
8) Quelles sont les prévisions de la demande énergétique pour les prochaines années ?
Demande d’énergie et charge de pointe 2002-2010
2002
2004
2010
Énergie (TWh)
159,6
164,7
174,5
Pointe annuelle (MW)
32 430 (+1 211)
32 430 (+1 211)
32 430 (+1 211)
Source : Hydro-Québec, prévision des ventes au Québec,
prévisions des besoins réguliers au Québec, révision de mai 2001.
9) Combien de temps requiert la construction d’une petite centrale au fil de l’eau ?
Selon la Régie de l’énergie, le délai de réalisation pour les petites centrales hydrauliques est de l’ordre de 4 à 7 ans, et ce, à partir de la remise de l’avis au gouvernement jusqu’à la mise en service d’un bloc de petites centrales.
Le ministère des Ressources naturelles, quant à lui, estime qu’une petite centrale au fil de l’eau, sans réservoir, peut être autorisée et construite en trois ans pour une centrale de moins de 5 MW et en 4 ans pour une centrale de plus de 5 MW.
Ces délais sont beaucoup plus courts que la construction d’une grande centrale qui, elle, requiert autour de 10 ans.
10) Toulnustouc et Péribonka ne suffiraient-elles pas pour répondre à la demande énergétique ?
La mise en service d’un grand aménagement hydroélectrique avec réservoir requiert entre sept et dix ans à compter de l’annonce du projet.
Le Québec a cessé de lancer des grands projets au début des années 1990. Le dernier grand projet, SM-3, a été lancé en 1992 et a été mis en service en 2001, neuf ans plus tard.
Entre 2004 et 2007, il faut renforcer notre sécurité énergétique en ayant recours à d’autres filières que celle des mégaprojets et, parmi elles, aux petites centrales hydrauliques et plus récemment, le thermique.