
Deux hydroliennes à l'essai à la pêche aux kilowatts
28 juillet 2010
Le Soleil
Affaires
Deux hydroliennes seront bientôt immergées dans le fleuve Saint-Laurent, à Montréal. Si les tests sont concluants, ces engins qui produisent de l'électricité avec le courant des rivières, des fleuves ou des marées pourraient alimenter en énergie les villages inuits - et les débarrasser de leurs centrales polluantes au diesel.
Hier, la firme d'ingénierie RSW a dévoilé les prototypes qui pourront générer chacun 250 kilowatts. L'investissement total est de 18 millions $. Ottawa et Québec en avancent 10 M $, sous forme de subventions ou de prêts. La mise à l'eau sera effectuée d'ici deux ou trois semaines, près du pont de la Concorde.
La base pour les installer est prête; le câble sous-fluvial pour le raccordement au réseau, l'est également, a signalé le porte-parole de RSW, Jacques Mercier. Des études sont conduites pour préciser les quantités d'électricité qui peuvent être produites dans le secteur de Montréal, quantités évaluées sommairement à 40 mégawatts. Le potentiel pour l'ensemble du Québec serait de l'ordre de 1000 MW. L'intérêt est cependant ailleurs. L'objectif est de donner accès à de l'énergie propre aux communautés nordiques.
En entrevue au Soleil, la ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a souligné que la dizaine de villages inuits s'en remettent à des centrales thermiques. Des installations "très coûteuses et très polluantes", a-t-elle précisé. Après Montréal, a poursuivi la ministre québécoise, des "tests en conditions réelles" seront menés dans un avenir proche à Ivujivik, un village pratiquement perché sur la pointe septentrionale du Québec. La députée-ministre de Bonaventure s'est réjouie de l'ouverture d'une toute nouvelle filière énergétique au Québec. D'autant plus, a-t-elle souligné, que le modèle a été mis au point par une entreprise québécoise, avec un contenu québécois à plus de 80 %.
"Nous visons à ce que les hydroliennes soient aussi rentables que les éoliennes", a mentionné Jacques Mercier. Le porte-parole de la firme d'ingénierie a noté certains avantages. Alors que les turbines immergées dans les cours d'eau tournent "jour et nuit", les éoliennes ont un facteur d'utilisation de 33 %, tandis que les panneaux solaires ne produisent évidemment pas d'électricité la nuit. Il a rappelé que les éoliennes ont un effet sur le paysage, ce qui génère certaines critiques. Selon lui, les hydroliennes ne menacent pas les poissons.
Autre joueur
RSW n'est pas seul à vouloir tester ce nouveau créneau. Sabella Énergie, qui appartient à des intérêts québécois et européens, a fait part de son intention d'expérimenter son propre modèle, a confirmé la ministre. Le pdg de la compagnie, Marcel Boridy, a avancé qu'un prototype devrait être mis à l'eau dans le chenal Le Moyne, près de Montréal, dès l'an prochain, un projet de 2,5 millions $. Depuis une dizaine d'années, des projets pilotes avec des hydroliennes ont été entrepris dans plusieurs pays.

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