
Trois usines de cogénération en péril
(SAINT-FÉLICIEN) Les usines de cogénération de Saint-Félicien, Senneterre et Chapais sont en danger. Les trois municipalités vont créer une coalition pour faire pression auprès du gouvernement et d'Hydro-Québec pour que la société d'État revoie ses tarifs pour l'électricité produite par les centrales.
«Nous sommes extrêmement coincés. Nous devons mettre en place une coalition pour supporter nos industriels. Si le gouvernement ne fait rien, c'est la survie de ces trois usines qui est en jeu», prévient le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte.
C'est en discutant avec son homologue Gilles Potvin qu'il a eu cette idée. Le maire de Chapais, Steve Gamache, complète le trio. Les trois entreprises concernées feront aussi partie du groupe. Ensemble, ils développeront une stratégie pour convaincre la ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau et Hydro-Québec. Georges Simard, maire de Dolbeau-Mistassini, sera invité à joindre les rangs de cette coalition. L'unité de cogénération appartenant à Boralex est en péril elle aussi, à la suite de la fermeture indéterminée de la papetière.
«Il y a de l'illogisme dans la façon de faire du gouvernement. On accorde des tarifs d'électricité pour de nouveaux projets de cogénération à près du double de ce qui est payé aux usines existantes. Ça va faire monter les prix pour la biomasse et nos entreprises n'auront pas la marge de manoeuvre pour payer plus cher», fait valoir Gilles Potvin.
Les trois usines de cogénération de Saint-Félicien, Senneterre et Chapais sont payées entre 5 et 6 cents du kilowattheure produit. Dans l'appel d'offres d'Hydro-Québec de l'automne 2009, la société d'État indique qu'elle accordera un tarif moyen de 11,2 cents du kilowattheure pour huit projets totalisant 60,7 mégawatts. Parmi les soumissions retenues, celle de 9,5 mégawatts de SFK Pâte de Saint-Félicien.
«Est-ce qu'on va faire mourir trois entreprises qu'on a mis 20 ans à développer à cause de ces appels d'offres? Je ne suis pas contre au contraire, il faut seulement faire preuve d'équité», avance Potvin.
Selon une source connaissant bien le milieu de la cogénération, cette différence de tarif pourrait représenter une somme de 25 à 30$ pour chaque tonne de biomasses. «À ce prix, il sera avantageux d'aller chercher la biomasse en forêt pour les entreprises existantes», mentionne le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte. D'ailleurs, Gilles Potvin estime que si le gouvernement décidait de faire rouvrir les contrats avec Hydro-Québec, il permettrait de consolider plus de 90 emplois directs et plus de 200 indirects. De plus, cette décision pourrait aussi créer des emplois dans le domaine du transport et chez des entrepreneurs forestiers. À titre d'exemple, plus de 50 camions livrent de la biomasse à l'usine de Saint-Félicien chaque jour. «Nous avons là, la chance de maintenir des usines en place, mais surtout de relancer cette industrie. Au fond, ça ne coûterait pas plus cher à Hydro-Québec, car seulement 60 des 125 mégawatts ont été accordés dans l'appel d'offres récent. Si on bonifie les contrats des trois usines existantes, le coût reviendrait pas mal au même de ce qu'Hydro avait pensé payer pour les 125 mégawatts», propose le magistrat.
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