journalmetro.com/ Bioénergies : un nouvel eldorado?/ (le 2 décembre 2008)

Par MATHIAS MARCHAL

Face aux limites du «tout pétrole», un secteur négligé reprend de l’ampleur : les bioénergies, ou comment faire de l’argent avec des résidus de bois, des huiles usées, des déchets et même de vieilles carcasses d’animaux. Un colloque intitulé Biocarburants ou bioénergies? se tenait à Montréal, la semaine dernière, pour faire le point sur ce marché encore embryonnaire mais plein de potentiel.

Les matières organiques, qui sont des sources d’énergie potentielles, sont regroupées sous le terme de biomasse. «Le potentiel bioénergétique québécois est énorme, mais le temps qu’on l’utilise, il aura passé beaucoup d’eau dans les turbines d’Hydro-Québec», indiquait le journaliste Daniel Levac en ouverture du colloque organisé notamment par l’Institut du nouveau monde.

Si les bioénergies sont rarement concurrentielles par rapport à l’hydro-électricité, elles peuvent être une option intéressante pour réduire notre dépendance au pétrole et au mazout, selon Christian Simard, directeur général de Nature Québec. Mais il faudra pouvoir dégager les meilleures façons de faire dans une optique de développement durable.

Ainsi, certains choix tels que l’éthanol à base de maïs sont très controversés, car ils ne proposent pas de gains d’un point de vue écologique et monopolisent de grosses surfaces de terres agricoles.

Toutefois, les bioénergies peuvent servir à transformer des problèmes environnementaux en gains énergétiques et en emplois pour les régions. L’État a aussi un rôle important à jouer en aidant cette filière. «Mais il faudra éviter les erreurs faites avec l’éolien où 90 % des contrats sont allés à des grosses entreprises étrangères sans profiter aux communautés qui en supportent pourtant tous les désagréments», d’ajouter M. Simard.

Des projets énergisants

  • L’huile de friture. Installée en Mauricie, l’entreprise Bio-Diesel Québec récupère les huiles de friture usées de restaurants de Montréal et Québec pour fabriquer du biodiesel. L’usine se déclare capable de produire 10 millions de litres par an. Le leader du marché, Rothsay, est une filiale du fabricant d’aliments Maple Leaf. En brûlant les carcasses d’animaux, l’entreprise récupère la graisse qui, enlevée de sa glycérine, sert de base à la fabrication de biodiesel. Ce marché est en pleine expansion depuis que de nombreuses entreprises de transport en commun se tournent vers ce carburant plus vert.

Le mardi 2 décembre 2008
http://www.journalmetro.com/Linfo/article/149116

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