FARMCENTRE.COM / L’énergie éolienne et les régions montagneuses / (le 28 juillet 2008)

Au fur et à mesure que le prix du pétrole et du gaz augmente, les communautés éloignées qui dépendent du diesel se tournent vers l’énergie éolienne comme opportunité économique pour la réduction des émissions de carbone. L’installation de parcs d’éoliennes dans des régions montagneuses et plus au nord exige une compréhension des régimes éoliens qui sont uniques.

Jean-Paul Pinard, consultant en énergie éolienne à Whitehorse, au Yukon et aspirant a doctorat au département des sciences de la terre et de l’atmosphère à l’université de l’Alberta, a concentré ses recherches et ses consultations sur les climats éoliens montagneux. «Au cours des dernières années, mes recherches et mes consultations se sont concentrées sur l’évaluation de l’énergie éolienne, la sélection des sites et leur installation au Yukon, dans les T.N.O., en Alaska, dans le Nord du Québec et de la Colombie-Britannique, » dit Jean-Paul Pinard. «J’ai fait plusieurs études de sélection de sites pour de gros projets d’aérogénérateurs en installant des aérogénérateurs de 1 à 2 mégawatts (MW), y compris un projet hydroélectrique en collaboration avec Yukon Electric, et des parcs d’éoliennes communautaires plus petits qui utilisent des aérogénérateurs de 60 à 100 kilowatts (kW).
Les installations d’aérogénérateurs de taille moyenne d’application de 30 à 300 kW conviennent à de grandes exploitations agricoles dans le réseau ou hors réseau ou celles qui sont isolées, à des bâtiments commerciaux ou à des communautés isolées où le vent s’ajoute à des génératrices au diesel et/ou à d’autres sources. Une bonne évaluation des sites et une évaluation directe réduiront les coûts et augmenteront l’efficacité à long terme et le débit de l’installation.
Les climats éoliens dans les terrains montagneux
                                                                                                                        
Comparé aux régions plates comme les prairies où la direction du vent est assez constante avec des changements minimes sur quelques centaines de kilomètres, les régions montagneuses peuvent connaître des changements en direction et en vitesse du vent sur de courtes distances. «Au sommet des crêtes montagneuses, le vent suit généralement les vents prévalents en altitude,» explique Jean-Paul Pinard. «Dans les vallées avoisinantes, le régime éolien peut être complètement différent, tournant à 90 degrés des vents prévalents en altitude.»
Pour comprendre les vents un peu de physique de base aide. Les vents changent de direction entre les sommets et les vallées en partie à cause du rapport entre les gradients barométriques horizontaux et la rotation de la terre ou force de Coriolis. Au-dessus des sommets les vents suivent une ligne de pression constante avec la haute pression vers la droite. Dans l’hémisphère nord, tout vent bloqué par une montagne est dévié vers la gauche (face au courant en aval) parce que la force de Coriolis diminue et pousse de la droite.
Les vents géostrophiques, qui l’on trouve à des altitudes de plusieurs centaines de mètres au-dessus des sommets sont largement poussés par les différences de température et de pression sous l’influence de la force de Coriolis. Ces vents ont tendance à tourner dans les sens contraire des aiguilles d’une montre quand ils approchent d’une zone de basse pression. «En fait les gradients barométriques essaient de pousser les paquets d’air de la haute pression à la basse pression, mais à cause de l’effet de la rotation de la terre le paquet d’air tourne en fait de 90 degrés vers la droite ou vers le gradient barométrique,» explique Jean-Paul Pinard.
Il faut aussi tenir compte de l’effet d’ombragement. Les installations dans l’ombre des autres crêtes ou des aérogénérateurs peuvent résulter en des changements de direction du vent, de sa vitesse et de sa turbulence. «Si une crête montagneuse est perpendiculaire à la direction prévalente du vent, vous pouvez alors remplir cette crête d’aérogénérateurs. Cependant, si elle est parallèle, vous devez alors bien espacer les aérogénérateurs parce que chaque aérogénérateur peut ombrager celui qui est derrière.»
Parmi les autres considérations il y a l’accessibilité au site, la distance aux lignes de transport d’énergie et l’altitude. «Le givrage peut devenir un problème l’hiver pour les aérogénérateurs, mais il a été réglé en utilisant la technologie de chauffage des aubes et d’autres techniques,» dit Jean-Paul Pinard. «Dès que vous voyez des nuages au-dessus d’un sommet, il y a de l’humidité et l’hiver cela devient un problème de givrage.»
Le potentiel de l’énergie éolienne
 
Jean-Paul Pinard travaille avec plusieurs communautés du nord qui montrent des promesses d’un bon potentiel d’énergie éolienne. «Burwash Landing – Destruction Bay et Old Crow sont deux communautés avec un bon potentiel d’énergie éolienne. Toutes les deux comptent sur la production de diesel, une option de plus en plus onéreuse et qui est aggravée par les problèmes de livraison,» déclare Jean-Paul Pinard. «Pour de nombreuses communautés et industries éloignées qui dépendent du diesel et qui ont de bons régimes éoliens, le diesel, dans un avenir très proche, deviendra une solution de remplacement plutôt que la source principale d’électricité. Nous avons désormais les recherches, les connaissances et l’expérience pour une énergie éolienne couronnée de succès comme solution de rechange pour diverses applications.
Le lundi 28 juillet 2008.
http://www.farmcentre.com/Francais/Features/ScienceInnovation/Article.aspx?i
d=d1abc257-5517-41ca-a0e7-ed3986e65a87

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