LE SOLEIL / Québec paiera la facture des petits barrages / (le 30 juin 2008)

Carl Thériault
Le Soleil
Collaboration spéciale
Matane

Il n’est plus question pour Québec de transférer aux MRC et aux municipalités la responsabilité de l’entretien de quelque 125 petits barrages publics à des fins de villégiature, jugés «non essentiels à la mission de l’État».

Le Centre d’expertise hydrique du Québec voulait les abandonner ou les démolir s’il n’y avait pas de repreneur municipal.

«Il n’a jamais été question en février pour nous de transférer la gérance de certains barrages publics. En mai, nous avons fait connaître que ces barrages seront entretenus par l’État si la MRC nous signifie son intérêt à ce que ses barrages soient maintenus.

Et il n’y a pas de condition si on nous dit de le conserver en justifiant leur décision», a affirmé Yvon Gosselin, porte-parole du Centre d’expertise hydrique du Québec, rattaché au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).

Démolition

Les barrages concernés sont pour la plupart des ouvrages de type «déversoir», sans vanne d’évacuation d’eau. Des MRC ont déjà indiqué qu’elles n’étaient plus intéressées à maintenir leurs barrages, note M. Gosselin. «Alors, ils seront démolis. À l’automne, nous aurons un bilan pour l’ensemble de ces petits barrages.»

La mairesse de Matane, Linda Cormier, qui s’était opposée aux plans initiaux de l’agence, est satisfaite que la gestion de ces barrages demeure à la charge de Québec dans un contexte où les municipalités ont suffisamment de charges financières et où la capacité de payer de la part de ses contribuables est déjà atteinte.

Deux de ces barrages étaient situés dans la MRC de Matane, dont le barrage Mathieu-D’Amours. Situé au centre-ville de Matane, il contrôle le débit d’eau de la rivière à saumons Matane autour d’un lieu touristique, le parc des Îles, à sa sortie vers le fleuve Saint-Laurent. La facture d’entretien pour cette infrastructure était estimée jusqu’à 70 000 $, sans compter un coût supplémentaire périodique de 30 000 $ et des dépenses reliées à la surveillance de la structure.

Le Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ), créé en 2001, est une agence du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, qui a pour mission de gérer le régime hydrique du Québec, plus particulièrement 250 stations de mesure des niveaux et débits des principaux cours d’eau du Québec, d’exploiter quelque 800 barrages publics et de voir à l’application de la Loi sur la sécurité des barrages, qui vise quelque 5000 ouvrages au Québec.

http://www.cyberpresse.ca/article/20080630/CPSOLEIL/80629082/5133/CPSOLEIL
Le lundi 30 juin 2008.

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