Je serai dans la prairie, pas dans ta cour (le lundi 21 avril 2008)
En réaction à la lettre de Linda Beaupré parue le 6 avril dernier, j’aimerais apporter un peu de vent frais à la «panique» qui semble emporter cette dame et d’autres citoyens à propos des éoliennes.
Je me présente : éolienne, descendante du maître des vents chez les Grecs, qui s’appelait Éole. Une tempête humaine semble naître devant moi, mais je voulais rester en harmonie avec la nature qui va bientôt m’entourer.
Madame Beaupré, m’avez-vous bien entendue? Je ne dois jamais m’emporter au-delà de 40 décibels au nom de la tranquillité : c’est la norme provinciale. Vous sembliez jouer la carte de la torture médiévale avec tous ces sons surmultipliés. Un peu de nuance SVP! Les infrasons dont vous parliez ne seront pas plus nuisibles que cette même chanson répétée toutes les deux heures sur les ondes d’une station radiophonique que vous entendriez à répétition pendant tout un été… en plein air…
Quant au réservoir d’huile toxique qui fait partie des constituantes de mon mécanisme, avez-vous déjà été témoin d’une telle fuite? Que doit-on penser des milliers d’automobiles impliquées dans des accidents routiers ou tout simplement à la cour des ferrailleurs, ou des déraillements de wagons ferroviaires remplis de produits caustiques qui passent à travers nos paisibles villages québécois? Respectons l’échelle des risques!
Par ailleurs, vous souleviez l’idée d’une dépréciation des propriétés autour de ma tour. La preuve est loin d’être évidente. Ça fait 28 ans que je réside tout près de pylônes qui soutiennent une ligne à très haut voltage et croyez-moi, ce n’est pas ce qu’il y a de plus esthétique et de plus sécuritaire dans les parages de la montée Saint-Claude à Saint-Philippe, de l’autoroute 30 et de l’autoroute 10… Aucun agent d’immeubles n’a évoqué l’impact de ces «monstres métalliques» en 28 ans. Et pourtant!
Enfin, l’apocalypse n’arrivera pas avec l’ère des éoliennes, car le besoin en énergie est toujours grandissant. Regardons grandir nos villages autour de nous et analysons, juste pour voir, nos besoins individuels en consommation électrique. C’est fascinant de constater qu’il faut déjà prévoir de nouvelles alternatives d’énergie durable avec une meilleure réduction de consommation. Une des belles solutions qui serait à envisager pour minimiser l’impact visuel auprès des adversaires serait de redistribuer une partie de mon énergie dans les villages concernés par ma présence, afin de réduire la facture collective de certaines infrastructures comme l’éclairage des rues, les usines de pompage ou de traitement des eaux, les garages et mairies municipaux, etc.
Sur ce, Madame Beaupré, prenez le temps d’écouter le vent dans les feuilles des arbres, le bruit de la circulation automobile sur l’autoroute 30, le bruit d’un convoi ferroviaire et vous verrez que vous aurez vite oublié cette vision cauchemardesque de l’éolienne.
D’un citoyen de mieux en mieux informé devant les sources crédibles plutôt que devant la «désinformation».
Yvan Brouillette,
Saint-Philippe
Le samedi 19 avril 2008
http://www.hebdos.net/lrd/edition172008/articles.asp?article_id=205695
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