LE SOLEIL / Élan pour protéger la réserve de Matane / (le 28 janv. 2008)
Un comité provisoire du secteur de Matane se prépare à demander la protection d’une aire de 440 kilomètres carrés dans la réserve faunique de Matane, afin de la soustraire à la coupe forestière, à l’exploitation minière et à l’énergie éolienne. Seul le récréotourisme y serait permis.
Une dizaine de personnes siègent au comité, des passionnés d’activités de plein air et de faune, qui veulent protéger un milieu forestier fragile, parce qu’il est situé en altitude et en secteurs escarpés, et qui veulent assurer la pérennité d’espèces rares comme le caribou des bois et l’aigle royal. La démarche du comité provisoire s’inscrit dans la décision du gouvernement du Québec de protéger 8 % du territoire. Cette proportion s’appliquerait quand c’est possible pour chacune des grandes zones québécoises, comme celle des Appalaches, qui couvre l’ensemble de la surface située au sud du fleuve et du golfe du Saint-Laurent, notamment la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.
La zone visée par le comité provisoire s’étend de la limite ouest du parc de la Gaspésie, du mont Logan donc, jusqu’à la barrière John de la réserve de Matane, incluant le mont Fortin, le mont Blanc, le lac Matane et le mont de l’Ouest.
«C’est un joyau extraordinaire mais il est menacé par des coupes forestières. Les compagnies vont exploiter là où le ministère (des Ressources naturelles) le dit. C’est au ministère de prendre d’autres orientations. Il reste peu de forêt exploitable dans les secteurs aisément accessibles à cause des coupes passées. Ils (les gens du ministère) allouent de plus en plus les flancs de montagne. Mais ce sont les secteurs les plus fragiles, exposés au vent, au froid, à l’érosion de l’humus. Sans humus, il sera plus dur de faire repousser la forêt», précise Louis Fradette, porte-parole du comité provisoire.
Cette forêt fragile nourrit une riche faune. La biodiversité constitue l’un des enjeux majeurs soutenant la revendication du comité provisoire.
«Le caribou des bois n’est présent que dans le parc de la Gaspésie et dans la réserve de Matane, au sud du Saint-Laurent, États-Unis inclus. Il y a 60 couples nicheurs d’aigle royal au Québec et seulement quatre sont au sud du Saint-Laurent, trois dans la réserve de Matane et un dans le parc de la Gaspésie. Dans tout l’est des États-Unis, il y a un couple nicheur au Maine», dit M. Fradette.
Québec s’est donné jusqu’en septembre 2008 pour déterminer les zones qui feront passer de 5 à 8 % l’aire protégée de la région des Appalaches. «Ce qui nous inquiète, c’est que le seuil de 8 % pourrait être atteint simplement en protégeant la zone de l’auberge de montagne de la SEPAQ dans la réserve de Matane, et les rivières à saumon. Ça laisse peu de place pour d’autres zones fragiles. Il y a un facteur encourageant : on entend parler de restrictions pour l’exploitation forestière en haut de 600 mètres d’altitude», conclut Louis Fradette.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080126/CPSOLEIL/80125284/6787/CPSOLEIL
Le lundi 28 janvier 2008.
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