CYBRPRESSE / Biomasse forestière : le Bas-Saint-Laurent pourrait devenir chef de file (le 27 déc. 2007)
Carl Thériault
Le Soleil
Collaboration spéciale
Rimouski
Le Bas-Saint-Laurent pourrait devenir ces prochaines années le point de mire des projets de chaufferies communautaires à la biomasse forestière à pollution zéro si le projet de la Conférence régionale des élus (CRE) du Bas-Saint-Laurent de soutenir un réseau d’une dizaine de petites centrales pour les édifices municipaux et du réseau scolaire et de la santé et services sociaux se concrétise.
Mont-Carmel dans le Kamouraska, il ne manque que la chaudière pour aller de l’avant. «Nous avons fait une économie de 35 % l’an passé. Cette année, avec la hausse de l’huile à chauffage, l’économie sera de 45 à 50 %. Mais il nous reste à trouver une chaudière en fonction de nos besoins. Nous rencontrons en janvier une entreprise pour voir si elle peut fabriquer ce type de chaudière. Sinon, il faudra penser à acheter en Europe », explique Robert Bérubé, directeur général de cette municipalité de 1200 habitants.
À Amqui, dans la vallée de la Matapédia, une étude de faisabilité avec des partenaires du monde scolaire et du réseau de la santé sera déposée en février ou mars.
«Il y a aussi dans ce projet tous les avantages de la création d’emplois en forêt, le transport et ceux reliés au fonctionnement de la chaudière en plus de l’énergie propre produite et de la réduction du coût de la facture d’énergie. L’approvisionnement sur une longue durée demeure une donnée majeure de ce projet», exprime Antonin Michaud, commissaire industriel à la ville d’Amqui.
Le coût de chauffage à la biomasse pour le réseau municipal serait de 37 141 $ au lieu de plus de 60 000 $ avec le mazout.
«La motivation environnementale est grande dans ce genre de projet puisque les nouveaux procédés de chaufferie sont à émission zéro de CO2», fait valoir Richard Savard, responsable du dossier forêt a la CRE du Bas-Saint-Laurent.
Par ailleurs, la Finlande prévoit que la production de bioénergie va représenter 20 % du chiffre d’affaires de l’industrie forestière. Quarante-cinq centrales de cogénération hors d’industrie fonctionnent. Au Vermont, une vingtaine d’écoles publiques sont chauffées par de la biomasse forestière.
Au Québec, la biomasse — qui correspond à 10 % de la consommation totale d’énergie — est surtout utilisée par le milieu industriel (68 %) et résidentiel (31 %).
«Nous avons beaucoup de demandes de municipalités depuis la fin du tarif bi-énergie d’Hydro-Québec. Nous avons lancé une étude sur le type de biomasse disponible. Un chargé de projet travaille sur ce dossier», dit Genevièvre Constancis, ingénieure au CRE du Bas-Saint-Laurent.
Selon Industrie Canada, les ressources canadiennes en biomasse forestière s’élevaient à plus de 26 milliards de tonnes anhydres en 1993 — l’équivalent de 82 millions de barils de pétrole — assez pour répondre aux besoins en pétrole du Canada pour 151 ans (au taux de consommation de 1993). Le Canada disposerait de plus de ressources en biomasse par habitant que n’importe quel autre pays de la planète.
http://www.cyberpresse.ca/article/20071226/CPSOLEIL/71225080/5133/CPSOLEIL
Le jeudi 27 décembre 2007.
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