L’information de Mont-Joli / Kruger érigerait un corridor d’éoliennes à Sainte-Luce (le 26 nov. 2007)

Louise Lefebvre et Jenny Fortier estiment qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard. Photo Sonia Lévesque

Le parc éolien projeté par Kruger Energie à Sainte-Luce et Sainte-Flavie. Les éoliennes sont identifiées par un symbole ressemblant à une croix.

Si l’offre de Kruger Energie est retenue par Hydro-Québec, d’imposantes éoliennes pourraient s’élever dans le ciel à la frontière de Sainte-Luce et de Sainte-Flavie, entre l’autoroute et la 132, ainsi qu’entre le 2e et le 3e rang de Sainte-Luce, à l’est de la 298.

«Bienvenue dans un corridor d’éoliennes» ironise Louise Lefebvre, une résidante du 2e rang Est de Sainte-Luce, qui n’a pas du toute envie de voir ces moulins à vent s’élever dans son paysage.

«Je ne suis pas contre l’énergie renouvelable mais je m’oppose à ce type de développement. Hydro-Québec subventionne les éoliennes, c’est donc moi qui paie, je vais vivre dans un environnement industriel, ma maison va être dévaluée, l’énergie s’en va ailleurs, et l’argent aussi. Il n’y a rien de positif là-dedans» résume Louise Lefebvre.

Appel d’offres

Le projet de Kruger fait partie des trois parcs éoliens projetés dans La Mitis qui ont été soumis à Hydro-Québec dans le cadre de son appel d’offres pour l’achat de 2000 mégawatts d’électricité produite à partir d’éoliennes.

Kruger souhaite installer 33 éoliennes de 1,5 à 2 mégawatts sur le territoire: 27 à Sainte-Luce et six à Sainte-Flavie. De quoi subvenir aux besoins de 15 000 foyers, selon Kruger. La compagnie a signé des contrats d’octroi d’options avec des propriétaires de terrains, représentant la majeure partie du projet.

«Je ne juge pas non plus la décision des agriculteurs mais le procédé. Les terres c’est une chose, mais la mine de vent, l’espace aérien est à tout le monde» souligne Madame Lefebvre.

Jenny Fortier, une résidante du 2e rang Est de Sainte-Flavie, est du même avis. «J’ai choisi de vivre en campagne avec les avantages et les inconvénients de ce choix mais la ‘’game'’ est en train de changer. Si ce projet se réalise, on va créer un parc industriel dans une zone agricole. Ce n’est plus du tout pareil».

MRC
Le projet de Kruger respecte le schéma d’aménagement de la MRC de La Mitis et est également conforme à son règlement de contrôle intérimaire (RCI). «Tant que l’appel d’offres n’est pas connu, il est difficile de modifier un RCI. Par contre, c’est aux municipalités d’adopter un PIIA (plan d’intégration et d’implantation architecturales) pour encadrer le développement éolien sur leur territoire» précise le secrétaire-trésorier de la MRC de La Mitis, Marcel Moreau.

Ce que Sainte-Flavie est en voie de faire mais Sainte-Luce, où pourtant le gros du projet est localisé, s’en remet au RCI de la MRC.

Sainte-Luce s’en remet au règlement de la MRC

Le conseil municipal de Sainte-Luce a appuyé unanimement Kruger dans ses démarches. La mairesse France Saint-Laurent tempère cet appui. «On est loin de la coupe aux lèvres. Au nombre de projets qui ont été présentés» dit-elle.

«On a quand même imposé une procédure à suivre. Si Kruger est retenue par Hydro-Québec, ils devront consulter la population par référendum à leurs frais pour pouvoir continuer» ajoute Madame Saint-Laurent.

Sainte-Luce toucherait 2500 $ (ou 5000 $ si Québec légifère dans ce sens) par éolienne selon l’entente conclue avec Kruger.

«Ça aussi ça va se négocier. On veut de l’électricité, on veut du confort, on veut de la vitesse mais tout cela a un prix. Je suis d’accord que ce n’est peut-être pas le meilleur endroit mais en même temps il y a des gens qui ont accepté de vendre leurs terrains» soutient encore la mairesse, qui croit que Hydro-Québec va plutôt privilégier les projets sur les terres publiques pour profiter des redevances.

Sainte-Luce n’a pas de plan d’intégration et d’implantation architecturales pour encadrer le développement éolien. «Nous, on y va avec le règlement de contrôle intérimaire de la MRC» précise la mairesse.

Sainte-Flavie
Le conseil municipal de Sainte-Flavie s’est gardé une carte dans son jeu pour bloquer le projet s’il ne répond pas à ses exigences. Le maire Jean-François Fortin: «on va présenter un mémoire lors des audiences du BAPE si le projet se rend jusqu’à cette étape, et en fonction des réponses qui seront fournies, on s’est gardé tout le loisir d’être en faveur ou non». Le maire poursuit: «On est en train d’adopter un plan d’intégration et d’implantation architectural et éolien qui va régir les normes d’implantation sur notre territoire, et qui aura force de loi».

Pas de séances d’information

Kruger a refusé de tenir des séances d’information publiques avant de savoir si son projet serait retenu ou non par Hydro-Québec. La compagnie veut éviter de dépenser des énergies inutilement si le projet ne passe pas le cap de l’appel d’offres. «Une fois que le projet va être accepté par Hydro-Québec, ce sera beaucoup plus difficile de renverser la vapeur» rétorque Jenny Fortier, qui craint aussi qu’une fois installée Kruger cherchera à prendre de l’expansion.

Hydro-Québec a reçu 66 soumissions, totalisant 7 724 MW. De ces 66 projets de parcs éoliens, 23 concernent le Bas-Saint-Laurent pour 2 498,9 MW.

http://www.hebdosquebecor.com/ifm/11252007/ifm_11252007_A2.shtml
Le lundi 26 novembre 2007.

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