CYBERPRESSE / Un « nouvel espace de prospérité », (le 20 nov. 2007)

Lors d’un discours devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain, le premier ministre Jean Charest a déclaré vouloir améliorer et diversifier la position du Québec dans le monde, attirer davantage «d’investissements et de cerveaux», et augmenter la participation des Québécois au marché du travail.
Photo David Boily, La Presse
Mathieu Perreault
La Presse
Libre-échange avec l’Europe et l’Ontario, reconnaissance des compétences professionnelles entre la France et le Québec, 30 milliards pour les infrastructures, 8000 mégawatts d’énergie «propre»: voici le plan du premier ministre Jean Charest pour créer un «nouvel espace de prospérité» pour le Québec.

Ces mesures, pour la plupart déjà annoncées, ont été regroupées dans un plan d’action cohérent par le premier ministre, hier lors d’un discours devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain, au centre Sheraton. M. Charest veut améliorer et diversifier la position du Québec dans le monde, attirer davantage «d’investissements et de cerveaux», et augmenter la participation des Québécois au marché du travail.

Le libre-échange avec l’Europe, dont les négociations seront lancées lors du sommet Canada/Europe que Québec veut accueillir en 2008, va faire de la province «la grande porte d’entrée de l’Europe pour l’Amérique du Nord» et permettre de diversifier les exportations, trop liées aux États-Unis, selon M. Charest. La reconnaissance des compétences avec la France permettra à un «médecin, ingénieur, infirmier ou menuisier» québécois de pratiquer sans problème en France, et vice-versa.

Pour ce qui est de l’Ontario, M. Charest veut utiliser la présidence québécoise du Conseil de la confédération, à partir de l’été prochain, pour faire avancer le dossier, ainsi que celui de la mobilité de la main-d’œuvre entre toutes les provinces. Le Conseil de la confédération a déjà fixé au 1er avril 2009 l’échéance maximale des négociations sur la mobilité de la main-d’œuvre. M. Charest a rappelé que l’Ontario entend dépenser 20 milliards d’ici 20 ans sur des nouveaux projets de génération d’énergie, une «marque de commerce» du Québec, qui pourra mieux avoir sa part du gâteau avec un accord de libre-échange.

Ces trois traités seront accompagnés de deux grands investissements gouvernementaux, qui permettront de garder les Québécois au travail en cas de ralentissement de l’économie américaine et de baisse correspondante des exportations. Ces deux projets ont déjà été annoncés: 30 milliards sur cinq ans pour les infrastructures – routes, hôpitaux, routes, culture – et 8000 mégawatts d’énergie «propre» en développement – moitié éolienne, moitié hydroélectrique.

Le premier ministre a profité de son discours pour lancer quelques flèches vers le gouvernement fédéral. Tout en se refusant à qualifier l’attentisme d’Ottawa face au dollar fort de « paralysie », comme des journalistes lui ont demandé en point de presse, M. Charest estime que le gouvernement Harper devrait utiliser «ses surplus» pour aider les travailleurs affectés par la baisse des exportations, notamment par le truchement de programmes de transition calqués sur ceux dont a bénéficié l’industrie forestière. De même, le premier ministre a refusé de demander une baisse des taux d’intérêt de la Banque du Canada, mais du même souffle a observé que des experts ont récemment prédit une telle baisse. Selon M. Charest,
« il y a des décisions d’investissements qui ne se prennent pas» en ce moment à cause du dollar fort et de l’inaction du gouvernement fédéral.
http://www.cyberpresse.ca/article/20071120/CPACTUALITES/71119255/1019/CPACTUALITES
Le mardi 20 novembre 2007

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