CANOE / Virginie Roy - Environnement, Le vent qui fait du bruit (le 20 nov. 2007)
Nos régions sont au cœur d’un débat vicieux. Vicieux parce que sans un énorme sacrifice, le sérieux rapport du GIEC prévoit la fin du monde, rien de moins. Il fera chaud, tellement chaud que l’Arctique disparaîtra. Faudrait vraiment être égoïste pour ne pas faire un petit sacrifice non?
Le sacrifice : l’aménagement de parcs d’éoliennes. Oui, mais à quel prix?
Pour répondre à cette soif croissante et malsaine d’énergie de la Grande ville, les MRC de la Montérégie doivent-elles vendre leur âme? Alors que les habitants sortent leur hache de guerre, M. le Maire sort plutôt sa calculatrice. Dites-moi M. le Maire, cent éoliennes fois 300 000 $ valent-elles la tranquillité de votre coin de pays? Bien sûr, le tout Montréal, avide d’énergie, semble être pro-éolien, mais les régions se tiennent plutôt sur leur garde. Solution verte ou assassinat du silence? Opportunité d’affaire ou massacre visuel?
Alors que la Ville clame haut et fort la solution verte…les régions répondent: oui, mais pas dans ma cour!
La pollution sonore
Une seule éolienne produit entre 101,6 et 106 décibels. Un exemple plus concret ? Un marteau piqueur à 5 mètres ferait moins de bruit.
Il y a environ trente ans, Hydro-Québec parlait d’éolienne comme d’une «forme d’énergie inépuisable et non-polluante»…tut, tut, tut, M. Hydro-Québec. La pollution sonore ne vous dirait-elle pas quelque chose?
Depuis, une loi réglemente le niveau de bruit des éoliennes, selon le zonage et la période de la journée. Le niveau maximal de décibels pour un territoire destiné à des habitations unifamiliales isolées ou jumelées, à des écoles ou des hôpitaux est de 45 décibels le jour et 40 la nuit. 40 décibels, c’est le chuchotement d’une bibliothèque, 50 décibels, un bureau bruyant et 60 décibels, un bruit nuisible à la conversation. Mais le problème va encore plus loin.
Afin que vous compreniez bien mon point, je vous raconte l’histoire vécue du pauvre Daniel d’Entremont. Résident de la Nouvelle-Écosse, il a porté plainte parce que le bruit produit par un parc d’éoliennes voisins l’a obligé à abandonner sa résidence. Il soutient que le bruit a rendu sa famille malade. Selon M. d’Entremont, les 17 éoliennes qui surplombent l’endroit, et dont la plus proche se trouve à 400 mètres, envoyaient des vibrations à basse fréquence dans la maison. Il prétend même que ce bruit, même inaudible, le privait de sommeil, donnait des maux de tête à sa femme et à ses enfants et les empêchaient de se concentrer.
C’est que la pollution sonore n’englobe pas que les bruits perceptibles à l’oreille. Sur le site du gouvernement du Québec, on peut lire que «les connaissances reliées au son à basse fréquence demeurent pour l’instant relativement peu développées et que les impacts pouvant en résulter sont encore plus difficiles à évaluer».
Loin de moi l’idée de me caractériser Anti-éolienne. Au contraire, je crois en l’énergie «presque» verte. J’y crois et je la souhaite. Je m’improvise l’avocat du diable parce qu’il y a encore trop de gens qui ne veulent surtout pas d’éoliennes dans leur cour. Et je les comprends.
Ok, mais là, on fait quoi ?
Allez! Cartes sur table tout le monde! Il y a certainement une solution à la pollution sonore dans votre jeu. Rassemblez-vous scientifiques, politiciens et maîtres de ce monde. La réponse n’est peut-être pas de déporter des gens pour en faire un parc éolien. La réponse est peut-être plus simple que vous ne le penser.
J’ai vu un reportage sur un problème de pollution sonore, une immense tuyauterie sur le toit de l’usine Johnson & Johnson dans l’est de Montréal faisait vibrer tout le secteur en crachant ses poussières de talc. On a donc engagé cette compagnie qui a analysé de façon électronique le bruit, les vibrations de cette sortie d’air qui dérangeait tout le quartier, puis on a recréé, encore une fois de façon électronique, le bruit opposé qui répondait au bruit original par des haut-parleurs disposés autour de la sortie d’air. 2 moins 2 égale quoi? Zéro!!! Plus de bruit, plus de vibrations: plus rien.
Pensez-vous à la même chose que moi ?
La créativité n’est-elle pas l’essence même des grandes idées de l’Homme ?
http://www.canoe.com/techno/chroniques/virginieroy/archives/2007/11/20071120-090537.html
Le mardi 20 novembre 2007
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